jeudi 7 mai 2009

La Poésie

Le surréalisme

Les poètes surréalistes n’ont pas réussi à changer le monde. Mais ils ont libéré la poésie de ses formes fixes. Ils l’ont purifiée en lui permettant d’exprimer toutes les émotions sans les contraintes de la rime.
Soupault, Aragon et Breton furent les fondateurs du surréalisme "les 3 mousquetaires": ils veulaient remettre en question le langage et la signification de l'Art.

La Poésie

Le Romantisme

Définition :
Le Romantisme est un ensemble de mouvements intellectuels et artistiques qui se développent dans la première moitié du XIXème siècle. Il s'affirme par opposition au classicisme; le romantisme est avant tout une manière de sentir, une forme permanente de sensibilité. On place le début du romantisme en 1820, date de parution des Méditations poétiques de Lamartine.

Chant d'amour (I)

Naples, 1822.

Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre,
Le doux frémissement des ailes du zéphyre
À travers les rameaux,
Ou l'onde qui murmure en caressant ces rives,
Ou le roucoulement des colombes plaintives,
Jouant aux bords des eaux ;

Si, comme ce roseau qu'un souffle heureux anime,
Tes cordes exhalaient ce langage sublime,
Divin secret des cieux,
Que, dans le pur séjour où l'esprit seul s'envole,
Les anges amoureux se parlent sans parole,
Comme les yeux aux yeux ;

Si de ta douce voix la flexible harmonie,
Caressant doucement une âme épanouie
Au souffle de l'amour,
La berçait mollement sur de vagues images,
Comme le vent du ciel fait flotter les nuages
Dans la pourpre du jour :

Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille,
Ma voix murmurerait tout bas à son oreille
Des soupirs, des accords,
Aussi purs que l'extase où son regard me plonge,
Aussi doux que le son que nous apporte un songe
Des ineffables bords !

Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière !
Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière
Ma vie et ton amour !
Ton regard languissant est plus cher à mon âme
Que le premier rayon de la céleste flamme
Aux yeux privés du jour.



Alfred Musset

Oui, femmes, quoi qu'on puisse dire,
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l'ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le cour.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n'égale votre puissance,
Sinon votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,
Son triste rôle est le plus beau.
J'aime encor mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

11 Janvier 1839

La Poésie

Le symbolisme:

Ses origines
Il est né en France vers 1880 dans la jeunesse littéraire et artistique, en réaction contre le moralisme, le rationalisme et le productivisme de l'ère industrielle.
C'est le Manifeste publié par Jean Morréas en 1886, dans le Figaro, qui est considéré comme l'acte de naissance de l'école symboliste.
Le mouvement symboliste tente de stimuler l'imaginaire et la sensibilité des gens. Il permet le passage du monde réel au monde de l'idée.

En poésie
Les poètes symbolistes essaient d'atteindre une réalité transcendante et cherchent à saisir l'idéal comme l'ont tenté Baudelaire ou Rimbaud.
Ils espèrent trouver la clé d'un univers spirituel.
Dès lors, pour eux, la poésie est un instrument de connaissance qui traduit les découvertes du poète par des symboles verbaux. En effet, le symbole est le secret de la poésie.


Les poètes qui ont influencé le symbolisme :

Charles Baudelaire
Il est né en 1821. Il fit des études au Lycée Louis-le-Grand, puis des études de droit. Il commença à écrire ses premiers vers à 17 ans et fréquenta les cabarets littéraires.
En 1846, il découvrit Edgar Poe dont il présenta les oeuvres au public français après 17 ans de traduction.
En 1857, le recueil Les Fleurs du Mal fut jugé obscène et il fut condamné à payer 300 FF d'amende.
Il écrivit encore les poèmes en prose du Spleen de Paris avant de mourir paralysé et infirme le 31 août 1867.

L'ennemi

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

- Ô douleur! ô douleur! Le temps mange la vie,
Et l'obscur ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

Stéphane Mallarmé

Il est né en 1842. La poésie représentait pour lui un refuge contre le réel.
Dès sa sortie du collège, il dut gagner sa vie et entra comme surnuméraire à l'Enregistrement de Sens.
Ses premiers poèmes parurent à partir de 1862, suite à un voyage en Angleterre.
Il devint suppléant au collège de Tournon puis, à partir de 1871, enseigna l'anglais à Paris. Cette année-là, il publia des poème dans la revue l'Art libre.
Il rencontra à cette époque Hugo et Rimbaud.
Ses activités littéraires furent diverses: unique rédacteur de La Dernière Mode, gazette du monde et de la famille, auteur d'un ouvrage de philologie, Les Mots anglais, d'un ouvrage de mythologie Les Dieux antiques...
C'est toutefois Prose pour Des Esseintes qui fit de lui le personnage le plus fascinant du symbolisme naissant.
Son rêve était le livre unique.
Il mourut en 1898 après avoir demandé qu'on détruise ses notes.
Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature!
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles flots...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Paul Verlaine

Il est né à Metz en 1844.Ses premiers poèmes parurent dans des revues. Il rencontre Banville, Baudelaire et Hugo.
Son premier recueil, Poèmes saturniens, paraît en 1866, grâce à l'appui financier de sa cousine. Peu de temps après la parution de La Bonne chanson, il quitte sa famille pour aller vivre avec Rimbaud.
Condamné pour avoir tiré sur Rimbaud en juillet 1872, il passe deux ans en prison à Bruxelles et à Mons. C'est qu'il compose Les Romances sans paroles et Sagesse.
Libéré en 1875, il exerce les fonctions de professeur dans une école anglaise avant de rentrer à Paris.
En 1886, il sombre dans la misère et la déchéance, il meurt le 8 janvier 1896.
Clair de lune

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques,
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase, les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Un poète symboliste français: Jean Moréas
Il est né en 1856. Moréas est un pseudonyme pour Jean Papadiamantopoulos; en effet, il était grec.
Il fut co-fondateur de l'Ecole romane.
Dans son recueil Stances, la pureté de la langue ne fait qu'un avec le poli des vers.
Extrait de Stances

Nuages qu'un beau jour à présent environne,
Au-dessus de ces champs de jeune blé couverts,
Vous qui m'apparaissez sur l'azur monotone,
Semblables aux voiliers sur le calme des mers;
Vous qui devez bientôt, ayant la sombre face
De l'orage prochain, passer sous le ciel bas,
Mon coeur vous accompagne, ô coureurs de l'espace!
Mon coeur qui vous ressemble et qu'on ne connaît pas.